Problèmes comportementaux chez le cheval : comprendre pour mieux agir
Les problèmes comportementaux chez le cheval sont très fréquents, et très souvent mal interprétés.
Ces problèmes de comportement sont généralement : cabrements, ruades, refus d’avancer, morsures, fuites soudaines ou stéréotypies. Ils sont encore trop souvent attribués à :
de la désobéissance,
un manque de respect,
de la dominance,
ou un « mauvais caractère ».
Pourtant, la science du comportement équin nous invite à changer radicalement de regard.
Alors que nous dit la science du comportement équin ?
La revue scientifique Understanding and treating equine behavioural problems (Carroll, Sykes & Mills, 2023) propose une approche moderne, éthique et fondée sur les données scientifiques.
Elle montre que les comportements problématiques ne sont des réponses adaptatives à un environnement inadapté ou à une souffrance physique ou émotionnelle.
Le cheval : une proie avant tout
Son système nerveux est conçu pour :
détecter rapidement le danger,
réagir par la fuite,
éviter les situations menaçantes,
se défendre si la fuite est impossible.
De nombreux comportements jugés « indésirables » sont en réalité des réponses normales à :
la peur,
la douleur ou son anticipation,
l’anxiété,
la frustration,
l’incompréhension,
les conflits émotionnels.
Un comportement ne peut jamais être analysé sans tenir compte d’un déclencheur et d’un contexte.
Des comportements qui posent de vrais enjeux de sécurité et de bien-être animal
Certains comportements du cheval peuvent etre dangereux et représenter un risque réel :
pour les cavaliers,
pour les soigneurs et professionnels (vétérinaires, maréchaux, transporteurs),
pour le cheval lui-même.
Avec des conséquences pouvant être lourdes :
blessures,
accidents,
perte de valeur économique,
changements de propriétaire,
abandon,
parfois euthanasie.
Mais le bien-être du cheval est essentiel et nécessaire à une bonne coopération…
Pourquoi ces comportements apparaissent-ils ?
Le comportement du cheval est le reflet de :
son état physique,
son état émotionnel,
la qualité de sa relation avec l’humain.
Les causes physiques : la douleur avant tout
La douleur est l’un des facteurs les plus sous-estimés.
Elle peut être liée à :
des troubles locomoteurs,
des douleurs dorsales,
des pathologies digestives,
des problèmes dentaires,
un matériel inadapté (selle, mors).
Un cheval douloureux ne peut pas apprendre sereinement.
Les conditions de vie inadaptées
Le cheval est un animal grégaire et mobile.
Pourtant, il est souvent confronté à :
l’isolement social,
le manque de liberté de mouvement,
la privation de comportements naturels,
des routines stressantes.
Un cheval est biologiquement conçu pour :
manger et marcher jusqu’à 16 heures par jour
interagir avec ses congénères.
Ces privations peuvent entraîner :
stress chronique,
frustration,
agressivité,
stéréotypies,
ou inhibition par détresse acquise.
Les méthodes d’entraînement et de manipulation
Les méthodes coercitives sont encore largement utilisées.
Elles peuvent provoquer :
peur,
confusion,
conflits émotionnels,
dégradation de la relation humain–cheval.
Un cheval contraint n’est pas un cheval compris.
Comment modifier un comportement chez le cheval ?
Il n’existe aucune solution miracle.
Chaque cheval est un individu.
Une approche efficace repose sur plusieurs piliers :
Identifier et traiter les causes médicales.
Adapter les conditions de vie aux besoins éthologiques.
Réviser les pratiques humaines :
manipulation,
entraînement,
attentes.
Mettre en place un programme de modification comportementale basé sur :
les sciences de l’apprentissage,
des méthodes modernes,
une approche éthique.
Les médicaments ont-ils une place ?
En comportement équin, les psychotropes sont encore peu utilisés.
Pourtant, la littérature scientifique indique que :
certains traitements à action courte peuvent aider lors de situations très anxiogènes,
des traitements de fond peuvent soutenir un travail comportemental complexe, dans des cas ciblés.
Les médicaments ne remplacent jamais l’éducation.
Ils peuvent parfois faciliter l’apprentissage en améliorant l’état émotionnel du cheval.
Ce que la science nous invite à changer
Plutôt que de chercher à supprimer un comportement, il est essentiel de se poser les bonnes questions :
Que cherche à exprimer le cheval ?
Quelle est la fonction de ce comportement ?
Quelle est la responsabilité humaine ?
Changer de regard pour changer les pratiques
Les comportements dits « indésirables » ne sont :
ni des caprices,
ni des défis,
ni des fautes à corriger par la force.
Ce sont des signaux de mal-être.
Les ignorer ou les réprimer, c’est :
nuire au bien-être du cheval,
fragiliser la relation humain–cheval,
augmenter les risques d’accidents.
La science est claire :
la peur, la douleur, la confusion et la frustration sont au cœur de la majorité des comportements problématiques.
Former l’humain pour protéger le cheval
Le cheval ne choisit ni :
son mode de vie,
son équipement,
ses conditions d’apprentissage.
Le véritable levier du changement est humain.
Former les humains, c’est :
abandonner les méthodes coercitives,
développer une relation de coopération,
s’appuyer sur l’entraînement par renforcement positif.
S’engager pour une équitation éthique
Au Centre du Bien-être Animal, nous défendons une approche fondée sur :
les données scientifiques actuelles,
l’éthologie,
les sciences de l’apprentissage,
le respect des besoins physiques, émotionnels et cognitifs du cheval,
le refus des méthodes basées sur la peur, la douleur ou la domination.
Notre formation au Centre du Bien-être Animal « Entraîneur et Comportementaliste équin » repose sur une base éthique forte et un entraînement par renforcement positif.
Se former, c’est protéger les chevaux dits « difficiles » d’une spirale de sanctions, d’échecs et parfois d’euthanasies évitables.
Former l’humain, c’est protéger le cheval.
C’est la mission que nous portons au Centre du Bien-être Animal.